CAIRH - Roy Hart International Arts Center
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Journal AfghanMarianne Le Tron, 2010

Kabul

Suite au contact que Carol Mendelsohn a établi avec Rhine Skanes au Théâtre de Bergen en Norvège, j’ai découvert que depuis 7 ans une équipe d’acteurs de cette scène nationale accompagne la reconstruction du Théâtre de Kaboul, bastion de la culture afghane ressuscité des cendres de l’intolérance talibane. Cette équipe a également organisé des stages de formation dans le domaine des arts du spectacle (jeu d’acteur, mise en scène, création de marionnettes, stage de maquillage, etc…) pour permettre autonomie et transmission de l’art théâtral afghan. L’éducation des jeunes générations est aussi au cœur de leur préoccupation. C’est avec quelques-uns d’entre eux que je vais séjourner à Kaboul et mettre en commun nos univers artistiques et humains.

J’ai donc survolé les sauvages chaines montagneuses afghanes fin mars, puis fin juin. En tout, 4 semaines sur cette terre d’Asie avec pour mission : transmission de mon travail de pédagogie de la voix chantée/parlée pour les professeurs et les étudiants du département théâtre de l’Université et accompagnement vocal du travail des acteurs/actrices du Théâtre National de Kaboul en répétition pour la création d’un spectacle pour enfants basé sur un ancien conte russe : « l’oiseau de feu » qui a inspiré des chorégraphies classiques et Stravinski au début du XXème siècle.
Uniforme : Foulard sur les cheveux, manches longues, tunique sur pantalon.

Dès mon arrivée à l’aéroport, on me prend pour une afghane en s’adressant à moi en dari (une des langues parlées dans le pays, notamment dans la région de Kaboul, dari = persan).

Extrait de mes notes :
« Une petite fourmilière semble protéger le Théâtre de Kaboul, le choyer comme un joyau retrouvé. Son directeur Mr Farouk en assure la bonne marche en intelligence avec les aides internationales et par contre se débat dans des luttes locales souterraines. Depuis, Mr Farouk a été « remplacé ».

Mes interventions commencent.
Les afghans que je rencontre sont débordants d’énergies corporelle et vocale et ont une relation au temps et à l’espace avec laquelle il faut composer créativement et activement. Mon audace de femme européenne semble parfois éveiller un peu d’étonnement dans ce groupe d’acteurs (les femmes sont très minoritaires) qui ne reconnaissent pas les codes de travail proposés; mais leur disponibilité ouvre la porte à un langage commun, universel, porté par l’instrument de travail qui nous rassemble – la voix humaine.

La voix franchit lentement les frontières et déleste les humains des limites interculturelles dès qu’on lui délivre le visa de la liberté. Il y a peut-être des différences d’identités génétiques mais les cellules qui constituent notre instrument corporel sont semblables.
Contraste entre la froideur, l’obscurité du lieu due à une électricité épisodique, la poussière envahissante et la chaleur des rencontres que j’y vis ; Expérience de travail qui puise plus dans le fond que dans la forme.

Expérience de vie qui me guide vers des ressources intérieures inexploitées dans mon quotidien trop douillet sans doute ;
« Qui va là ? » en moi dans ces situations différentes ? J’entends mon langage de travail se reformuler autrement, des liens s’éveiller, des correspondances s’éclairer et du sens surgir inopinément.
Je peux toucher de si près une tonalité commune entre l’intérieur et l’extérieur, la tête et le cœur.

Ces notes de voyage me font ressentir rétrospectivement combien cette expérience afghane m’a humainement et créativement pétrie et bouleversée. Le sens de mon travail, de notre travail a surgi sous des éclairages nouveaux.
L’ouverture des potentiels de la voix humaine a pris tout son sens. Tous ces hommes et femmes ont subi les échos de décennies de répression sur toutes formes d’expressions artistiques. Danser, chanter, jouer d’un instrument de musique étaient prohibés. Et bien d’autres faits et gestes d’une vie quotidienne basique, pour les femmes tout spécialement.

« Libérer la voix » au sens propre, entier, l’énergie vitale des sons, du souffle, des gestes. Permettre à l’individualité de se créer un espace propre. Les afghans que je rencontre ont un potentiel d’énergie formidable. Leur répertoire de chansons, inépuisable et cependant très spécifique aux différentes régions / langues /dialectes me procure aussi une passerelle précieuse. Les mélodies sont souvent mélancoliques et les paroles débordantes de romantisme. Sans doute un contre-poids à la réalité sociale qui l’est bien moins. Quand j’écoute les afghans chanter, c’est du plaisir à l’état pur. Il y a de la jubilation dans l’air, les corps, les voix qui sont naturellement résonnantes, riches en harmoniques, comme au Pays Basque.

Je mesure combien dans ce pays où l’état de siège militaire est omniprésent, redonner espace et légitimité à l’art, aux artistes est vital pour la société et les individus. La veille de mon départ de Kaboul en juillet, a eu lieu la création du spectacle, après une « Générale » en présence d’officiels qui ont donné le feu vert pour que le spectacle soit présenté… Sont arrivés des groupes d’enfants en rangs serrés qui ont rempli l’espace de rires, de commentaires, de regards émerveillés. L’émotion des adultes présents était palpable. C’est l’une des premières fois qu’un tel public revenait dans ce lieu. Mr Farouk a écrit dans le programme du spectacle : « Nous espérons que ce spectacle est un bon message pour les nouvelles générations d’Afghans et qu’il les encouragera à lutter pour leur liberté et une meilleure société ». La fin du conte fait appel à la noblesse du cœur, au pardon…

Message d’espoir pour un pays meurtri, en reconstruction laborieuse, où l’art engendre la vie. Ce n’est pas pour rien que Ariane Mnouchkine et bien d’autres artistes du monde de la danse, du théâtre, du chant, du clown sont allés à la rencontre de ces afghans qui n’ont jamais renoncé à la création artistique. Un intervenant Bataclown intervient actuellement à Kaboul dans le cadre d’un autre réseau. Des ponts se sont créés entre cultures et scènes européennes.

La culture afghane est riche en enseignements artistiques et existentiels. Paradoxe de ces afghans qui vivent au jour le jour avec la fatalité au cœur de leur quotidien et vis à vis de leur propre vie et leur formidable élan d’artistes vers l’avenir collectif de leur pays. Un grand remue méninges pour nos regards d’européens sur les priorités de vie, qui redistribue nos préoccupations personnelles et sociétales dans une tonalité d’écologie humaine.

De retour en France, j’ai réalisé que dans mes bagages s’était glissée une étincelle de l’âme de ce pays. Je vous la confie aussi à travers ces quelques notes de voyage d’un « voice teacher ».

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Deep Song–A Personal Journey into Ecstatic Voice and the Art of Vocal LamentationMarya Lowry, 2009

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Wege zur StimmeRalf Peters, 2008

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Voice EmbodiedAmy Rome, 2007

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Dark Voices: The Genesis of Roy Hart TheatreNoah Pikes, 2004

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A Celebration of LifePaul Silber, 2000

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Voix de l’inouï – Le travail de la voix au Roy Hart Théâtre, hier et aujourd’huiMarianne Ginsbourger, 2000

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Voix de l’inouï.
Le travail de la voix au Roy Hart Théâtre, hier et aujourd’hui.

Marianne GINSBOURGER

Editeur : Le Souffle d’Or, 2000
Collection : Chrysalide
ISBN : 2 840580 94 2
Format : 19×26 cm
Nb de page : 160

Voie d’exploration majeure de notre être profond, la voix contient toutes les émotions avec son incroyable potentiel vocal (jusqu’à huit octaves), tel est le parcours que propose le Roy Hart Théâtre et que nous fait découvrir l’auteur.

Ce livre présente l’histoire du Roy Hart Théâtre, groupe de théâtre de renommée internationale implanté dans le Gard depuis 1974, ainsi que son approche unique du travail sur la voix.

Chant, cri, parole, chuchotement, hurlement, souffle, râle : on n’en finirait pas de décliner toutes nos ressources lexicales dans le champ de la voix si l’on tentait de définir le travail du Roy Hart Théâtre.

Ce groupe de théâtre multiculturel et de renommée internationale base son travail artistique et ses recherches sur la « voix humaine ». Humaine, cette voix qui contient toutes les émotions que l’être est capable d’exprimer et dont le registre couvre jusqu’à huit octaves (contre les deux et demi auxquelles on se limite habituellement) : au Roy Hart Théâtre, on n’est pas ténor ou basse, alto ou soprano mais chacun voyage à travers sa voix, explorant divers timbres et hauteurs, sons féminins et masculins. Et si recherche esthétique il y a, elle n’est pas une finalité en soi : le son est « humain », porteur d’émotions avant d’être « beau ».

Cette conception, l’acteur Roy Hart l’a reprise de son maître Alfred Wolfsohn avec qui il a travaillé de 1947 à 1962. Celui-ci, marqué par l’incroyable diversité de la voix dans les graves et les aigus, a consacré sa vie à l’exploration du potentiel vocal et par là même de la psyché. Ils montrent concrètement comment la voix est une voie d’exploration majeure de notre être profond, dans la lignée du psychologue C.G. JUNG (avec l’analyse des rêves).

Ce livre est le premier publié en français sur le Roy Hart Théâtre. Marianne Ginsbourger y présente l’histoire du groupe de son origine, en 1947, à notre époque, ainsi que son approche unique du travail sur la voix. Elle analyse sa production théâtrale, en l’illustrant de photos noir et blanc. Elle décrit également l’apport original du groupe aujourd’hui, à savoir les ateliers et formations (deux jours, une semaine, formations longues), en les étayant de témoignages vécus, afin de montrer ce que chacun peut y trouver.

Que vous ayez ou non une expérience du chant ou du travail vocal, vous y découvrirez des aspects cachés de votre voix, donc de votre être.

Commentaires :
Ce livre contient de superbes photos en noir et blanc.
Un livre sur le Roy Hart Théâtre, son origine, le sens de sa recherche dans le domaine de la voix, et son devenir.
Cet ouvrage contient de nombreuses réflexions sur ce qu’est la voix des profondeurs, sa face cachée…

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The Prophet of Song – The Life and Work of Alfred WolfsohnPaul Newham, 1997

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